mardi 7 février 2012

la lyre et la harpe

La lyre et la harpe est le titre d'une ode de Victor Hugo que vous pouvez lire dans son entier en cliquant sur le titre de l'article.
« Je me souviens de la joie que me causa la vibration de cette lyre ! (...) Avec les vers d'Hugo je me trouvais d'emblée en communion intime, et, ma nature essentiellement musicale primant le tout, je me mis à les chanter ...» Cette citation de Saint-Saëns nous donne envie d'écouter un extrait de cette oeuvre.

Vous pouvez trouver d'ailleurs un bel enregistrement de la lyre et la harpe de Camille Saint-Saëns sur le CD suivant:

La Lyre & la Harpe / Le Déluge / La Nuit / Mélodies avec orchestre

Il me tient à coeur de rectifier certaines confusions en ce qui concerne ces instruments. Ils sont très différents de par leur facture. La lyre a le plan des cordes parallèle à celui de la caisse de résonance, alors que la harpe a le plan des cordes perpendiculaire à celui de la caisse de résonance. Cette facture a permis à la harpe d'évoluer et d'augmenter le nombre de cordes tandis que la lyre est tombée dans l'oubli et n'est jouée maintenant que dans la musique ancienne. Cette réflexion n'est en aucun cas péjorative mais un constat. En effet, les instruments qui ont gardé cette facture de plan parallèle sont de la famille des violons et des guitares, celles-ci n'allant pas au-delà de 12 cordes. On peut trouver au musée de la musique à Paris parmi les instruments étranges du XIXème siècle, une guitare-lyre. On y trouve également un piano harpe.

La lyre est donc toujours associée à la mythologie grecque et romaine avec entre autre le mythe d'Orphée par exemple. Lorsque Montéverdi l'a mis en musique dans son opéra en 1600, il a utilisé dans l'orchestre une harpe de même Glück en 1762 pour son Orféo.

La harpe trouve ses origines en Asie Mineure à l'époque des sumériens. Il est donc logique de penser que dans les traductions des Psaumes (livre dans la Bible), il n'est pas cohérent de mélanger lyre et harpe. David joue bien de la harpe et non de la lyre.

Cliquez pour agrandir l'image
David Joue la harpe pour Saül - Julius Kronberg -1885 (premier livre de Samuel: 16 v 14 à 23)

Il est probable que lors des croisades en plus de rapporter de la poésie, les croisés aient rapporté des instruments de musique dont la harpe car elle orne de nombreuses églises romanes.

Eglise Saint Pierre d'Aulnay ( Charente-Maritime France)

On peut dire que la harpe est un instrument "immigré" en France qui a eu son titre de noblesse grâce à Marie-Antoinette. La harpe telle que nous la connaissons a vu son perfectionnement en Angleterre grâce à un français Sébastien Erard en 1811.

Relisez le poème de Victor Hugo et laissez vous bercer par la musique de Camille Saint Saëns.


lundi 21 novembre 2011

Emission du samedi 19 novembre 2011 15h15

Si vous voulez découvrir la harpe autrement, vous pouvez écouter l'émission intitulée "la harpe dans tous ses états". C'est également le titre du prochain spectacle de Sandrine Pourailly au profit de Fréquence Protestante. Pour écouter, l'émission en podcast cliquez sur le titre de l'article.

Si vous voulez venir écouter le spectacle, cliquez sur la page concert et vous aurez tous les renseignements nécessaires.

vendredi 22 avril 2011

Emission du 16 avril 2011 La Périchole

Cette heure musicale est consacrée à L'opéra bouffe d'Offenbach La Périchole. Dans l'émission deux invités: Geneviève Brett, metteur en scène et Cédric Perrier, chef d'orchestre.
Les représentations auront lieu à l'atrium de Chaville 3 parvis Robert Schuman le samedi 14 mai 2011 20h30, dimanche 15 mai 2011 15h00 et dimanche 22 mai 2011 15h00.
Découvrez des extraits de la Périchole ainsi que la présentation du spectacle en écoutant l'émission.

jeudi 21 avril 2011

Robert Pérot (1931-2003)

Charles Wolz, Pablo Picasso, Robert Pérot
Artiste amoureux de la harpe, Robert Pérot a fait une exposition autour de la harpe. On pouvait la voir sous différentes formes car il était un artiste complet : céramique, peinture, sculpture, collages etc.... Ci contre, une sculpture intitulée la harpiste.




















En 1996, il m'avait dédicacé ce dessin intitulé Prélude pour une harpe.








Pour la commémoration de la mort de Lily Laskine, il a fait une médaille car il travaillait à la monnaie de Paris. Vous pouvez d'ailleurs voir une photo de cette médaille. Le square Sainte Odile à Paris a d'ailleurs une stèle avec ce motif et cette dédicace car il se trouve proche de l'appartement où vivait Lily Laskine.





Voici, un pastel tiré d'une série intitulée thème et variations et une toile intitulée rouge noir et or.



Les harpistes peuvent dire un grand merci à Monsieur Pérot pour son travail autour de la harpe car il a su mettre en valeur cet instrument souvent décrit comme poussiéreux en lui donnant du mouvement et en l'interprétant de façon très moderne et novatrice à travers les différentes techniques qu'il maîtrisait parfaitement.



Si vous voulez en savoir plus sur ses oeuvres et son parcours vous pouvez cliquer sur son nom.

jeudi 6 janvier 2011

harpe, peinture et sculpture

De tout temps, les artistes peintres ou sculpteurs ont été fascinés par cet instrument. Nous trouvons de nombreuses reproductions de l'Antiquité à nos jours presque sans discontinuité.



En France, le musée du Louvre nous propose dans le département des Antiquités de nombreuses reproductions dont cette harpiste jouant du trigone (harpe de la Grèce Antique) en terre cuite, datée entre 100 et 50 avant JC.


Puis, les nombreux chapiteaux et portails d'églises romanes nous permettent de mieux cerner l'évolution organologique des différents instruments de musique . Nous trouvons des reproductions de harpe-psaltérion, de cythare, de lyre. En particulier, le célèbre âne à la harpe de l'Eglise Saint Pierre d'Aulnay (art roman de Saintonge, Charente-Maritime) fait référence à une ancienne fable de Phèdre datant du 1er siècle de notre ère. Le titre exact est l'âne à la lyre. Dans un prochaine article, j'expliquerai la différence entre la lyre et la harpe.
Il n'y a pas que les sculpteurs qui ont été inspirés par la harpe mais aussi les peintres et parmi ces peintres nous en trouvons un, bien aimé de Louis XIV: Zampieri Dominico dit le Dominiquin (1581-1641). Il y a quelques années, on pouvait trouver au château de Versailles le David jouant de la harpe de ce peintre. Les peintures de cette époque nous permettent, au même titre que l'art roman explicite l'organologie, de mieux connaître la technique de jeu de l'époque. Les doigts de David sont placés vers le haut ce qui nous laisse supposer que les harpistes de l'époque jouaient avec 5 doigts, ce qui n'est plus le cas de nos jours puisque le jeu se fait avec 4 doigts placés généralement vers le bas.



Un sculpteur contemporain français s'est intéressé à la harpe et aux harpistes, marié lui-même à une harpiste, il s'agit de Robert Perrot. Je n'en écris pas davantage car cela donnera lieu à un prochain article qui lui sera consacré.
Surtout n'hésitez pas à visiter ces lieux extraordinaires que je vous ai cités plus haut à savoir le musée du Louvre avec son département des Antiquités, Saint-Pierre d'Aulnay en Charente Maritime, le trianon et le Château de Versailles.

jeudi 2 septembre 2010

émission de radio du 21 août 2010


L'émission du samedi 21 août 2010 avait pour titre Festival de musique médiévale.

Si vous souhaitez entendre l'émission, vous pouvez cliquez sur le titre de cet article.

Au cours de cette émission, j'ai présenté aussi bien la musique sacrée que la musique savante. Pour la musique sacrée, on a entendu les choeurs des moines bénédictins de Solesmes et pour la musique profane, cela a été illustré par la musique du troubadour Jaufré Rudel, surnomé le prince de Blaye.

L'émission se terminait avec le groupe Malicorne fondé en 1973 qui s'inspire de la musique médiévale mais en mélangeant instruments anciens et instruments modernes.


Pour la prochaine émission rendez-vous le samedi 18 septembre à 15h45 sur 100.7

Harpe et poésie

De tout temps, la harpe a inspiré les poètes. Nous pouvons citer en premier les psaumes. La harpe sert à louer Dieu.
Psaume 92 versets 2 à 4:

Il est beau de louer l'Eternel,
Et de célébrer ton nom, ô Très-Haut!
D'annoncer le matin ta bonté,
Et ta fidélité pendant les nuits,
Sur l'instrument à 10 cordes et sur le luth,
Aux sons de la harpe.


Au XVIème siècle, en France, on retrouve dans la poésie de Joachim Du Bellay (1522-1560) la citation d'une harpe thracienne ( de la région de Thrace, Nord-Est de la Grèce ). La harpe représente alors pour le poète le symbole de l'Antiquité.


Que n’ai-je encor la harpe thracienne,
Pour réveiller de l’enfer paresseux
Ces vieux Césars, et les ombres de ceux
Qui ont bâti cette ville ancienne ?

Ou que je n’ai celle amphionienne,
Pour animer d’un accord plus heureux
De ces vieux murs les ossements pierreux,
Et restaurer la gloire ausonienne ?

Pussé-je au moins d’un pinceau plus agile
Sur le patron de quelque grand Virgile
De ces palais les portraits façonner :

J’entreprendrais, vu l’ardeur qui m’allume,
De rebâtir au compas de la plume
Ce que les mains ne peuvent maçonner

tiré du recueil:"les antiquités de Rome"

Beaucoup plus tard, on retrouve la harpe comme l'instrument qui par son timbre inspire la douleur et le chagrin. Elle est la voix de la souffrance. Voici un extrait d'un poème d' Alphonse de Lamartine (1790-1869),
Le poète mourant:

Telle durant la nuit la harpe éolienne,
Mêlant aux bruits des eaux sa plainte aérienne,
Résonne d'elle-même au souffle des zéphyrs.
Le voyageur s'arrête, étonné de l'entendre,
Il écoute, il admire et ne saurait comprendre
D'où partent ces divins soupirs.

Ma harpe fut souvent de larmes arrosée,
Mais les pleurs sont pour nous la céleste rosée ;
Sous un ciel toujours pur le coeur ne mûrit pas :
Dans la coupe écrasé le jus du pampre coule,
Et le baume flétri sous le pied qui le foule
Répand ses parfums sur nos pas.

Dans le même style, mais dans une autre langue, on ne peut parler de harpe, de poésie et de souffrance sans parler du grand poète irlandais Thomas Moore (1779-1852). My gentle harp est un exemple des belles poésies de Thomas Moore qui sont devenues pour la plupart des chansons.

My gentle Harp, once more I waken
The sweetness of thy slumbering strain;
In tears our last farewell was taken,
And now in tears we meet again.
No light of joy hath o'er thee broken,
But, like those harps whose heavenly skill
Of slavery, dark as thine, hath spoken,
Thou hang'st upon the willows still.

(extrait de my gentle harp)


La forme de l'ode est propice à mettre en valeur la harpe. Victor Hugo (1802-1885) a d'ailleurs intitulé cette ode La lyre et la harpe. C'est un dialogue entre deux cultures : les Dieux de l'Antiquité, représentés par la lyre et le Dieu judéochrétien de la Bible, représenté par la harpe. Pour lire le poème entier vous pouvez cliquer sur ce lien http://fr.wikisource.org/wiki/La_Lyre_et_la_Harpe


Pour clore cet article sur la harpe et la poésie, je vous propose de lire ce poème qu'André Ombreuse m'a dédié, il y a quelques années de cela.